“Le Moche”, par la Compagnie Esbaudie
Dimanche 16 mai, à 18h30 L’auteur Marius Von Mayenburg Né à Munich, Marius Von Mayenburg commence par faire des études de littérature, de langue et civilisation allemandes avant de venir à Berlin et de suivre des cours d’écriture scénique notamment avec Yaak Karsunke et Tankred Dorst. Ses premières pièces datent de 1996. Il écrit à partir d’un fait divers des années 1920 Haarman, la chronique d’un tueur en série surnommé le “boucher de Hanovre” et il obtient plusieurs prix l’année suivante pour une pièce qui très vite fera le tour du monde: Visage de feu. Il est mis en scène par Thomas Ostermeier avec qui, il collabore à la baracke de Berlin. En 1999, il s’intègre à l’équipe de la Schaubühne, comme auteur, dramaturge et traducteur (Sarah Kane, Martin Crimp...). De la dizaine d’œuvres théâtrales qu’il a écrites, seules quatre sont traduites, semblables par l’enchevêtrement des lieux et des temps, par le clignotement incessant des points de vue, mais très différentes par leur ton, encore que la violence et l’agressivité en soient la marque commune. “Le cours impitoyable de l’existence repart avec son marteau-pilon, si possible en pleine figure”, cette phrase de Mayenburg conviendrait à ces personnages, hommes et femmes, qui satisfont, en rêve ou en actes, leurs pulsions de mort ou leurs besoins sexuels. La verdeur de style se met alors au service d’un burlesque grinçant. La pièce Lette est un talentueux ingénieur, spécialisé dans les systèmes de sécurité électrique. Un jour, on lui apprend que quelque chose qu’il n’avait jamais su: son visage est hideux. Sa femme lui confesse alors: “Tu es moche. C’est une réalité. Personne ne peut penser autre chose en te voyant. Ça me dépasse que tu ne le saches pas”. Qu’on le veuille ou non dans toutes les sociétés, on se moque de ceux que l’on trouve moche. Cela nous renvoie aussi à nous-même, suis-je moche ou beau? Il est facile de s’identifier à ce personnage et de se demander: serai-je perçu, traité ou vu de la même manière si mon apparence était différente? À notre époque où le physique et le “look” ont pris une telle importance, il m’a paru indispensable de traiter ce thème, qui est ici abordé avec un humour plein de cynisme qui est propre à Mayenburg.
Compagnie Esbaudie cie.esbaudie@hotmail.fr - http://compagnie-esbaudie.e-monsite.com
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