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La Savonnerie de Lodève,

50 ans de création
Du 28 janvier au 29 avril, au Musée de Lodève

Le Musée de Lodève propose une exposition en collaboration avec le Mobilier National auquel est rattaché l'atelier national de la Savonnerie de Lodève. Il s'agit de rendre hommage au savoir-faire des liciers de cet atelier créé dans les années 60 au travers de la présentation d'une quinzaine de tapis issus de l'atelier de Lodève et réalisés d'après des cartons d'artistes contemporains reconnus. Exposés en vis-à-vis des modèles originaux livrés par les artistes, ces tapis montrent la part de liberté d'interprétation laissée aux liciers, faisant d'eux, plus que de simples exécutants, de véritables interprètes. Une réplique d'un tapis époque Louis XIV révèle également la technicité acquise par ces liciers. Geneviève Asse, Pierrette Bloch, Pierre Buraglio, Matali Crasset, Etienne Hajdu, François-Xavier Lalanne, Jean-Michel Meurice, Jean-René Sautour-Gaillard, David Tremlett, figurent parmi les artistes représentés.
Autour de l’Exposition
Publication comprenant des textes de Bernard Schotter, administrateur du Mobilier National, de Marie-Hélène Bersani, directrice du département de la production et responsable du fonds textile de 1960 à nos jours au Mobilier National et notices pour les œuvres. Un film sur le Mobilier National est projeté tout au long de l'exposition.
Bref Historique
L'atelier de tissage de Lodève est créé en 1964. Il répond au départ à une volonté d'employer des femmes de Harkis travaillant dans les massifs forestiers de la région en leur assurant un complément de revenu. Relevant dans un premier temps du Ministère de l'Intérieur, des contacts sont pris, dès 1965 avec le Mobilier National pour que ce dernier assure une direction  technique tant sur le plan de la qualité d'exécution que sur celui de la valeur artistique. Le 1er mai 1966, l'atelier de Lodève passe sous la tutelle du Mobilier National et dépend dorénavant du Ministère des Affaires Culturelles.
Dans une ville au riche passé d'industrie du textile, la cohérence de cette création est évidente. Au travers tout d'abord d'une tradition remontant au XIIème siècle qui note l'introduction à Lodève d'un procédé pour teindre les étoffes en écarlate au moyen d'une petite baie. Située au bord de la Lergue et non loin des plateaux du Larzac propices à l'élevage, la ville de Lodève dispose des conditions nécessaires pour une bonne fabrication.
L'industrie drapière progresse dès le XIIIème siècle mais connaît dans l'Histoire des hauts et des bas. Grâce à Colbert qui souhaite relancer l'économie française, l'activité est réactivée. On cherche à atteindre la meilleure qualité et les foires de la région  permettent d'écouler la production.
La nomination en 1726 du Cardinal de Fleury, né à Lodève, comme Premier Ministre de Louis XV, assure à la ville et à son industrie une activité renforcée. Des ordonnances royales donnent en effet la préférence aux draps de Lodève pour l'habillement de l'infanterie. La prospérité de la ville de Lodève est alors en étroite corrélation avec l'état de guerre. Encore considérée comme remarquable en 1827, l'industrie textile décline cependant au fur et à mesure du XXème siècle.
En 1966, l'administration du Mobilier National prend donc en charge un personnel qui ignore tout de la difficulté technique de la Savonnerie. L'administration fait alors appel à Emile Philippon, chef de la Manufacture parisienne, pour la mise en place d'une formation longue et exigeante. Le personnel se familiarise alors peu à peu avec les peignes, ciseaux, broches et tranchefils. Les exécutions des motifs se font au début d'après des dessins réalisés sur papier quadrillé. Emile Philippon, épaulé par Octave Vitalis, chef d'atelier rapatrié de Tlemcen, remplace peu à peu les métiers et introduit la même qualité de laine que celle utilisée à Paris.
Aujourd'hui fonctionnaires intégrés dans le corps des lissiers, au même titre que les autres techniciens de la Manufacture, les lissiers de Lodève peuvent aussi bien exécuter des copies à l'identique de tapis anciens permettant de remplacer dans des bâtiments anciens des tapis historiques (grandes Savonneries du XVIIème siècle d'après les dessins de Charles Le Brun, du XVIIIème siècle ou de l'Empire), que tisser d'après des cartons d'artistes contemporains.
Cette production, inscrite aux inventaires du Mobilier National, est en priorité réservée à l'État et destinée aux résidences présidentielles, au Sénat, à Matignon, aux Ambassades... Devenu partie intégrante de la Manufacture de la Savonnerie, le chef de l'Atelier de Lodève est placé sous la tutelle directe de l'Administrateur général et dirigé, du point de vue technique, par un maître artiste lissier de la Savonnerie.
Installée pendant vingt ans dans des baraquements qui devaient être provisoires, ce n'est qu'en 1987 que fut posée la première pierre des bâtiments actuels conçus par l'architecte Philippe C. Dubois. Les bâtiments regroupent un atelier de tissage où sont exécutés les tapis sur les grands métiers de haute-lisse, une salle d'exposition et une crèche.

Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 9h30 à 12h00 et de 14h00 à 18h00
Tel. 04.67.88.86.10
Museelodeve@lodevoisetlarzac.fr  -  www.lodevoisetlarzac.fr
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