Jeudi 9 février, à 19h00, au Théâtre,
Un spectacle d’Antoine Raimondi, pour trois acrobates et un homme politique Comment éduquer un garçon? Quelles valeurs lui inculquer? Quelles épreuves lui soumettre pour qu’il devienne un homme, un vrai? Expérience sociologique, jeu télévisé ou fiction grotesque, Mâl(e) met en scène trois jeunes hommes n'ayant encore rien appris ou déjà tout oublié, sans notion du bien et du mal ni codes sociaux, aux prises avec un quatrième, un formateur manipulateur, leur inculquant les valeurs nécessaires à la survie dans la jungle sociale qui les attend. Trois corps qui se frottent, s'entrechoquent et font apparaître sous nos yeux nos propres rapports à la virilité, à la sexualité, à l’ordre, au pouvoir, aux autres… “Les hommes regrettent un état antérieur, quand leur force prenait racine dans l'oppression féminine. Ils oublient que cet avantage politique qui leur était donné a toujours eu un coût : le corps des femmes n’appartient aux hommes qu’en contrepartie de ce que le corps des hommes appartient à la production, en temps de paix, à l’État, en temps de guerre. La confiscation du corps des femmes se produit en même temps que la confiscation du corps des hommes. Il n’y a de gagnants dans cette affaire que quelques dirigeants.” Virginie Despentes in King Kong Théorie. Intentions Personne n’échappe à la notion de genre. Pour chaque sexe, il existe un éventail restreint de possibilités comportementales, qui varie (un peu) selon les époques et les lieux. En balisant les comportements socialement admissibles pour l’un ou l’autre sexe, le groupe crée un équilibre qui sert de base au dispositif social. Ainsi, un certain nombre de valeurs seront inculquées à l’enfant, en fonction de ses caractéristiques biologiques, sans prendre en compte son caractère personnel. La machine à façonner l’individu se met en place, ne lui laissant d’autre alternative que de remplir, au mieux, le territoire comportemental qui lui est imparti, niant au passage ses propres aspirations, ses différences... L’objectif du spectacle est de questionner le mythe du mâle dominant. Mettre en lumière, de manière ludique, les systèmes (sociaux, politiques, éducatifs) qui conduisent à l’acceptation des valeurs et des contraintes qui en découlent. Les valeurs, contraintes et systèmes en question définissent notre rapport à la virilité, à la sexualité, à l’ordre et au pouvoir, aux autres… Ils sont la grammaire des rapports de force. Le spectacle se déroule comme une expérience de laboratoire. Un vieil homme invoque ou crée trois «cobayes» (trois acrobates avec différentes spécialités), leur donne de quoi se vêtir et les introduit dans une «cage». Au départ, les cobayes sont vierges de tout passif: ils n’ont ni système de valeur, ni notion de bien ou de mal, ni codes sociaux. En validant ou en invalidant certains gestes, comportements, pratiques, le gardien modifie les relations au sein du groupe; en augmentant petit à petit leur niveau de frustration, il exacerbe les tensions et favorise les comportements agressifs. Il les pousse à s’organiser en meute; chacun voulant pouvoir jouir des satisfactions réservées au chef. Petit à petit, une organisation sociale pyramidale se dessine ; agrégé autour de valeurs “viriles”, le groupe se met à traquer les moindres marques de faiblesse. Les cobayes n’ont pas accès au discours, tout se traduit chez eux de manière physique. L’augmentation des contraintes va les conduire à manifester dans leurs actions, leurs règles et leurs stratagèmes, une énergie à la limite du grotesque. L’agrégation du groupe va donner lieu à un important travail de chœur: il s’agit de trouver comment un groupe compact peut bouger/agir et faire des choix, comme s’il était un individu à part entière. De chercher, ensemble, les possibilités acrobatiques du “corps collectif” en se nourrissant du savoir faire physique de chacun, pour développer une technique à la frontière de la danse contact et de l’acrobatie. Mâl(e) est une proposition brute; plateau nu ou presque, pas d’agrès, pas de fuite vers le haut, trois corps qui se frottent et s’entrechoquent en restant désespérément à la hauteur de leurs instincts, sous l’œil attentif de leur tuteur. Antoine Raimondi Paris, le 30/10/2011
Théâtre de Clermont l’Hérault Scène Conventionnée pour les écritures poétiques et scéniques Le Théâtre est ouvert au public le mercredi 10h00-12h00 et 15h00-18h00, le jeudi et le vendredi 15h00-18h00 www.theatreclermontlherault.fr Réservations et billetterie Tél. 04.67.96.31.63 - reserv.theatredeclermont@wanadoo.fr
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